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Le chat me rassure. Il n'y a rien de compliqué dans son quotidien. Peut-être suis-je un chat qui s'ignore, que tout pourrait être simple dans ma vie. Je me suis déjà maintes fois remise en cause. Je ne crois pas que la complexité vient du monde, mais qu'elle grandit en nous, comme une maladie. Une chose devant laquelle nous ne sommes pas égaux. Il y en a qui sont plus malades que d'autres.

J'ai découvert quelque chose d'inquiétant dans la pile du courrier qui avait envahi la cuisinière. Je n'ose pas en parler. Alors, je regarde le chat qui dort. Le chat dort la plupart du temps. Il me tient compagnie quand les nuits sont froides, quand Jörg n'est pas là, qu'il adopte des airs vagues. Je croyais au début que c'était pour me punir. Mais je crois qu'il ne s'en rend pas compte lui-même, car ses retours brutaux sont expansifs et légers. Parfois il pose un oeil incandescent sur ma peau. Parfois cela va plus loin, et je me croirais à la page du mauvais livre, parce qu'il s'approprie sans cesse mon corps avec une rage que je ne lui connais pas.

Je ne pense pas à rien, quand je regarde le chat, mais j'espère que les stigmates s'effacent lentement de mon corps et de mon esprit. Les bleus disparaissent bien.